Budgets participatifs départementaux : une démarche citoyenne pour améliorer le quotidien
27.11.2019

Budgets participatifs départementaux : une démarche citoyenne pour améliorer le quotidien

En mai 2018, le Gers était l’un des premiers Départements à lancer un budget participatif. Un an et demi plus tard, le dispositif a fait des émules et le Président gersois Philippe Martin ne cesse de vanter les atouts d’une démarche qui permet de faire émerger de nouveaux projets et de renouer un lien de confiance avec les habitants. Un moyen d’impliquer plus directement les citoyens dans les choix de leur collectivité, en leur confiant les clés d’un budget !

« Les Départements, garants des solidarités, sont légitimes pour retisser les fils avec les citoyens, à travers des dispositifs de démocratie continue ou coopérative ».  C’est par ces mots que Philippe MARTIN, Président du Gers, a lancé la première rencontre de la Commission Démocratie citoyenne de l’ADF le 13 novembre dernier, auprès de la trentaine d’élus et représentants de Départements présents. Ce groupe de travail trimestriel aura vocation à échanger autour des bonnes pratiques et des nombreuses initiatives portées par les Départements.

Au cœur de ces premiers échanges, le budget participatif est l’un de ces dispositifs qui a le vent en poupe : après le Gers en 2018 et les Landes en avril dernier, une douzaine de Départements[1] se sont déjà engagés dans le même type de démarche et ils sont presque aussi nombreux à en annoncer la création pour 2020 !

Une nouvelle façon d’engager les citoyens dans la vie des Départements

Quelle que soit l’enveloppe attribuée, les démarches de budget participatif offrent la possibilité aux habitants de se mobiliser pour leur territoire, en disposant d’un nouvel espace d’écoute, d’un droit de décision et de moyens nouveaux. Et la concertation peut démarrer dès l’élaboration des règles de participation. Pour établir le règlement de « Ma fameuse idée », le Département de la Meuse a proposé à ses concitoyens des ateliers organisés sur le territoire : Qui peut déposer une idée ? Qui peut voter ? Faut-il plafonner le budget des projets ? Qu’est-ce qu’un projet jeune ? Autant d’exemples de questions auxquelles les habitants ont pu réfléchir ensemble.

Chacun est ainsi invité à proposer des idées, sur une plateforme en ligne ou directement dans des urnes positionnées au cœur des lieux de vie des territoires (mairies, marchés, etc.), afin d’améliorer son cadre de vie (dans les domaines du sport, de la culture, de l’environnement, des mobilités, des usages numériques, de l’entraide et des services à la personne…). Les idées sont par la suite étudiées par les services du Département pour être transformées en projets d’intérêt général (fléchés en investissement) qui seront soumis au vote des habitants. Dans les Deux-Sèvres, le Département qui lance cette année son tout premier budget participatif, y consacrera même jusqu’à 2 millions d’euros.

« Soyez créatif, imaginatif et audacieux pour votre territoire ! »

Si les budgets participatifs s’ouvrent généralement sur des thématiques diverses, nombreux sont ceux qui font le choix d’allouer une partie de l’enveloppe à la jeunesse. Le Gers ou le Lot-et-Garonne dédient 10% de ses projets au public jeune. Autre exemple : le Loiret, qui cible la problématique environnementale, vient de proposer un budget qui s’adresse directement aux collégiens afin qu’ils puissent, seuls ou avec leur classe, soumettre un projet écologique. « Les collégiens sont notre terreau, ce sont eux qui feront le Département de demain », rappelait Marc GAUDET, Président du Loiret, lors de la Commission du 13 novembre.

Sans compter que les budgets participatifs permettent de retisser des liens en dehors du temps des urnes. « Ce n’est pas que les élus manquent d’idée, la démocratie participative complète la démocratie représentative, elles ne s’opposent pas, elles sont complémentaires », rappelait Jean-Gérard PAUMIER, Président du Département d’Indre-et-Loire à l’occasion du lancement de la démarche auprès des Tourangeaux. A condition de garantir une rapidité d’exécution dans la mise en place des projets retenus (dans l’année qui suit), « une des clés de la réussite d’un budget participatif », précisait Philippe MARTIN.

[1] Aude, Corrèze, Dordogne, Gers, Hérault, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Landes, Loiret, Lot-et-Garonne, Meuse, Nièvre, Deux-Sèvres, Val-de-Marne… ; en projet pour 2020 : Aisne, Gironde, Puy-de-Dôme, Savoie, Somme, Seine-Saint-Denis…