Lutte contre la radicalisation : l’hommage des Départements à Samuel Paty

Tous solidaires, les Départements ont rendu hommage à Samuel Paty. Le 16 octobre dernier, ce professeur d’histoire-géographie de 47 ans avait été sauvagement assassiné par un barbare islamiste à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Face au drame qui lui a couté la vie, les Départements ont souhaité accompagner un retour en classe autour des valeurs de notre Nation et de son école.

Un hommage national

La totalité des Départements, élus comme agents, s’est bien sûr associée à l’hommage national rendu pour saluer la mémoire de Samuel Paty. Des mises en berne des drapeaux, des cérémonies et des minutes de silence ont ponctué ces derniers jours les temps de recueillement organisés dans notre pays. Faisant suite à la lecture de la « Lettre aux instituteurs et institutrices » de Jean Jaurès, tous les établissements scolaires ont observé ce lundi 2 novembre une minute de silence avec le corps enseignant, et ce quelles que soient les classes. Quinze jours après le drame, l’émotion est intense, chez les professeurs comme chez les élèves.

La collectivité territoriale de Guyane a également transmis un texte simple et fort, lu en séance, écrit par les membres de l’assemblée territoriale des jeunes, en commun avec d’autres camarades de leurs âges. Des temps d’échange vont ainsi se poursuivre autour des valeurs socles de la République, à travers les notions de laïcité et de liberté d’expression aujourd’hui mises à mal.

Un engagement de long terme

Cet hommage est aussi l’occasion de rappeler les nombreuses actions de long terme engagées ces dernières années par les Départements en matière de prévention et de lutte contre la radicalisation, mais aussi d’éducation à la citoyenneté, au respect de la liberté d’expression, au devoir de mémoire, etc.

En Haute-Garonne par exemple, le Département mettait en place il y a quatre ans les « parcours laïques et citoyens ». 171 associations d’éducation populaire ont ainsi été mises à disposition des enseignants dans les collèges afin d’expliquer les valeurs de la République et la laïcité. L’objectif est d’expliciter aussi bien les notions d’information que les « fake news » pour mieux appréhender la liberté d’expression.

Dans le Calvados, diverses actions ont été conduites envers les collégiens, parmi lesquelles le Prix Bayeux Calvados des correspondants de guerre, destiné à éveiller le sens critique et la liberté d’expression. Le Département s’est également engagé, avec ses voisins de l’Eure, de l’Orne, de la Manche et de la Seine-Maritime, dans la signature dès 2018 d’une Charte conjointe contre la radicalisation. Des mesures soutenues de sensibilisation et de formation au processus de radicalisation et à la détection, sur lesquelles l’Hérault a également travaillé avec l’appui de sachants.

Les Départements alsaciens ont par ailleurs engagé de nombreuses actions, grâce notamment au régime concordataire, en faveur du dialogue interreligieux et de la citoyenneté. En témoignent par exemple l’exposition « #Je dessine » réalisée dans le Haut-Rhin au lendemain des attentats de janvier 2015, la création du réseau des Veilleurs de Mémoire dans le Bas-Rhin, composé de bénévoles de différentes obédiences qui œuvrent contre l’antisémitisme, la nomination d’un chargé de mission interdépartemental pour les relations interculturelles et inter-cultuelles, ou encore la création d’un fonds de soutien pour apprendre aux jeunes le dialogue entre les différentes confessions.

De nouvelles actions à venir

Pour autant, si l’Ecole est un lieu de transmission des valeurs de la République, elle ne peut plus, à elle seule, enseigner la liberté d’expression. Tel que l’indiquait Stéphane Troussel, Président du Département de la Seine-Saint-Denis, au micro de France Bleu « L’école n’a plus le monopole du savoir. Les élèves sont aujourd’hui confrontés à une multitude d’informations avec des sources variées ». C’est sur la base de ce constat que le Département de la Seine-Saint-Denis a lancé un appel à volontaires, demandant à 130 professionnels des médias de parrainer les 130 collèges publics que compte le territoire. Le journaliste, en confrontant ses sources, peut apporter un savoir complémentaire, aux côtés de l’enseignant, pour construire une émission, rédiger un article, etc. Plus d’une vingtaine de journalistes et dessinateurs ont déjà répondu à l’appel pour participer à des ateliers de quelques heures ou accompagner des projets de plus long cours.

Autant d’exemples qui, sans être exhaustifs, illustrent les actions diverses et variées de formation et de sensibilisation des collégiens à la liberté d’expression, au respect mutuel, à la citoyenneté.

 

Partager l'article