Tourisme 25.02.2020

Le tourisme fluvial en plein essor, avec 15,6 millions de journées passagers

Une étude de Voies navigables de France (VNF) sur les retombées économiques du tourisme fluvial montre le dynamisme de ce secteur, qui séduit notamment les touristes étrangers.

A l’occasion des Rencontres nationales du tourisme fluvial, organisées à Auxerre les 5 et 6 février, Voies navigables de France (VNF) a présenté les résultats d’une étude sur les retombées économiques du tourisme fluvial sur le territoire national. Celle-ci confirme la bonne santé de ce secteur, après la très nette reprise observée en 2017 (voir notre article ci-dessous du 29 juin 2018). Très dépendant des touristes étrangers (57% de la clientèle), ce secteur avait en effet fortement souffert de la – relative – désertion de ces derniers après les attentats en France de 2015 et 2016.

Des retombées économiques de 1,36 milliard d’euros

Le tourisme fluvial regroupe cinq filières distinctes : paquebots fluviaux, péniches-hôtels, bateaux promenades, bateaux de location habitables sans permis et plaisance privée. L’étude de VNF estime les retombées économiques engendrées par la dépense des opérateurs et des clients de ces cinq filières à 1,36 milliard d’euros (TTC), dont environ 50 euros de dépenses touristiques (TTC) par personne et par jour. Ces chiffres correspondent à une affluence annuelle de 11,3 millions de passagers et 15,6 millions de journées-passagers (visite journalière d’une personne pratiquant le tourisme fluvial), mais aussi à la vente de 2,4 millions de nuitées. Et cette activité est à l’origine d’environ 6.100 emplois directs.

En termes géographiques, ces retombées économiques bénéficient en premier lieu au bassin de la Seine (344 millions d’euros HT), suivi de l’Aquitaine-Occitanie (174 millions), de Grand Est (91 millions), de Rhône-Alpes (85 millions) et de Bourgogne-Franche-Comté (74 millions). Pour Thierry Guimbaud, le directeur général de VNF, « les perspectives de développement sont donc prometteuses même si certains défis demeurent : des clientèles exigeantes, en particuliers en termes de respect de l’environnement, une offre qui a besoin de trouver de nouveaux gisements de croissance… ».

Un fort potentiel de développement, sur de nombreux territoires

En termes de filières, on trouve en premier lieu l’activité des paquebots fluviaux, avec 410 millions d’euros TTC pour 215.000 passagers transportés (hors Grand Est, Rhin et Moselle, où cette activité est internationale). Cette filière recèle un fort potentiel de développement, avec seulement 19 et 16 paquebots fluviaux sur la Seine et le Rhône, contre 136 paquebots fluviaux sur le Rhin.

En matière de péniches hôtels, la France est leader mondial, avec 15.000 passagers et 62,4 millions d’euros TTC. La filière est en pleine diversification, de la croisière vélo-bateau au très haut de gamme. Elle constitue « une opportunité pour les territoires ruraux, l’art de vivre à la française restant largement plébiscité par la clientèle internationale ».

Les bateaux promenade – à l’image des bateaux mouches parisiens – sont présents sur l’ensemble du territoire et totalisent 11 millions de passagers en 2018. A Paris, où les bateaux sont de grande capacité, les retombées économiques de cette activité représentent 359 millions d’euros. En province, avec des unités plus petites, ce montant atteint 321 millions d’euros.

De son côté, la filière des bateaux de location habitables sans permis génère 110 millions d’euros de retombées économiques et a accueilli 130.000 personnes en 2018. VNF précise que « certaines destinations comme le canal du Midi ou le canal de la Marne au Rhin sont particulièrement plébiscitées par les touristes en haute-saison ». Enfin, la plaisance privée génère 62 millions d’euros de dépenses liées à la navigation et 36,6 millions liées à l’entretien des bateaux. En 2018, les plaisanciers ont ainsi parcouru 6,1 millions de kilomètres sur les fleuves et canaux français.