Ouverture européenne et coopération transfrontalière : le dynamisme des Départements

Ouverture européenne et coopération transfrontalière : le dynamisme des Départements

Relations internationales 24.05.2016

Ouverture européenne et coopération transfrontalière : le dynamisme des Départements

Ils sont près de 10 millions de Français à vivre dans l’un des 28 Départements frontaliers et plus de 350 000 Français à travailler de l’autre côté de la frontière (essentiellement en Suisse, en Belgique et en Allemagne). Cette proximité géographique, à l’heure de l’ouverture européenne, est souvent génératrice de coopération et de dynamisme valorisant des espaces d’échanges culturels, de partage et de collaboration.

La coopération transfrontalière, un autre pan de l’action départementale

Les Départements frontaliers s’enrichissent des actions de collaboration qu’ils mènent avec les collectivités étrangères qui les bordent. Une richesse renforcée par l’ouverture européenne qui a donné aux Départements les moyens de développer des actions de coopération et de développement.

De nombreux Départements s’inscrivent ainsi dans des projets de coopération à l’échelle globale, initiés notamment par l’Union Européenne. C’est le cas du programme ALCOTRA de coopération territoriale entre la France et l’Italie initié en 1990 et auquel participent de nombreux Départements bordant la frontière italienne. Dans le cadre de ce programme, le Département des Hautes-Alpes a par exemple développé plusieurs projets de coopération entre ses opérateurs et la Province du Piémont voisine, notamment dans le domaine de l’environnement. Les deux collectivités, française et italienne se sont alliées sur la question de la gestion des rivières et des espaces naturels, en particulier sur les questions de la prévention des risques.

La coopération transfrontalière est cependant le plus souvent une initiative propre des Départements qui mettent en place fonds de développement ou partenariats culturels. C’est le cas du Département des Pyrénées-Atlantiques, frontalier de trois communautés autonomes espagnoles : le Pays Basque, la Navarre et l’Aragon. Le Département a mis en place un plan d’aide destiné aux opérateurs du territoire souhaitant construire un projet de coopération transfrontalière. L’objectif ? Accompagner les citoyens tant sur la réalisation que sur le financement de leurs projets. Le Département a réalisé en 2016 un grand appel à projets sur l’ensemble de son territoire visant à encourager le développement de partenariats et la constitution de projets d’intérêt commun de caractère transfrontalier.

Parallèlement, les Pyrénées-Atlantiques ont conduit l’opération « Muevete » dans le cadre du Projet Éducatif Départemental qui soutient et encourage les projets de coopération portés par les collèges. L’objectif est d’inciter les jeunes du Département à échanger avec leurs voisins espagnols, le tout en favorisant l’interculturalité, le partage d’expériences et l’apprentissage des langues espagnole et basque.

La coopération transfrontalière à l’échelle européenne se fait parfois au-delà de la proximité géographique. Le Département du Pas-de-Calais, qui n’est pas bordé par une frontière terrestre, est ainsi à l’origine de l’Initiative des Détroits d’Europe. Née en 2009, l’Initiative des Détroits d’Europe se veut être un laboratoire de réflexion et de collaboration pour les collectivités qui bordent des détroits et qui font face à des problématiques particulières communes, notamment concernant les transports, l’environnement ou les migrations. Renouvelé en 2014, le protocole d’entente associe aujourd’hui 22 collectivités autour de huit détroits européens, dont ceux du Pas-de-Calais et de Bonifacio.

Les Départements, au service de la mobilité transfrontalière des citoyens

Départements français et collectivités étrangères peuvent aussi collaborer au sein d’associations, véritables espaces de dialogue et de concertation pour la promotion des relations transfrontalières. Les Départements de l’Ain et de la Haute-Savoie ainsi que les cantons suisses du Valais de Genève et de Vaud sont ainsi associés au sein du Conseil du Léman présidé depuis cette année par la Haute-Savoie. L’objectif du Conseil du Léman est de contribuer, par la collaboration économique et en encourageant les mobilités entre territoires, à développer une identité lémanique. Cette collaboration est d’autant plus importante qu’elle concerne plus de 100 000 personnes amenées chaque jour à traverser la frontière pour rejoindre leurs lieux de travail, autour du Lac Léman. Pour encourager cette mobilité transfrontalière, les collectivités ont d’ailleurs mis en place la plateforme Covoiturage-Léman. Une initiative encore unique en France et qui, outre la promotion de la mobilité transfrontalière, permet de fluidifier les déplacements, de réduire le nombre de voitures en circulation et par là même de réduire la pollution et les émissions de CO2.

Nos Départements ont ainsi engagé un grand nombre de démarche pour promouvoir la coopération et ce tant au niveau économique qu’au niveau culturel. Une richesse frontalière de plus en plus exploitée et encouragée.