Le vélo, mon transport barrière
Mobilité & Transport 04.06.2020

Le vélo, mon transport barrière

Le déconfinement progressif amorcé depuis le 11 mai dernier n’est pas sans poser de questions sur nos habitudes de mobilité. Comment respecter les mesures de distanciation physique ? Comment éviter un report modal massif vers la voiture ? La pratique du vélo devient dès lors un geste barrière à part entière. Plusieurs Départements ont opté pour la mise en place des pistes cyclables sanitaires, des efforts soutenus par Vélo & Territoires pour favoriser une mobilité plus vertueuse demain.

Au quotidien, les Départements accompagnent l’essor du vélo via le développement des voies vertes et des voies douces, ainsi que des actions de promotion de ce mode de déplacement. Si les atouts du vélo ne sont plus à démontrer, son usage revêt en cette période un intérêt supplémentaire sur le plan sanitaire. Le vélo figure ainsi en bonne place du renouveau de la mobilité post-confinement et pour la reprise de l’activité et de l’économie. « En garantissant la distanciation physique minimum, en améliorant la qualité de l’air et en offrant une activité physique régulière, le vélo est triplement efficace pour lutter contre la propagation du Coronavirus. Il est un geste barrière par excellence », rappelle Chrystelle Beurrier, Présidente de Vélo & Territoires et Vice-présidente de la Haute-Savoie.

Le développement du vélo, un enjeu sanitaire et environnemental

En milieu urbain, les deux-roues permettent une plus grande distanciation sociale par rapport aux transports collectifs. En zone plus rurale, les dispositions visant à limiter le nombre de passagers risquent de favoriser les modes de transport individuels, diminuant les possibilités de covoiturage. L’usage de la bicyclette, d’autant plus avec la démocratisation des VAE (Vélos à Assistance Electrique), apparaît comme une réponse face aux craintes de promiscuité et de retour de « l’autosolisme ». Les marchands de cycle enregistrent d’ailleurs depuis le 11 mai une hausse considérable de fréquentation, en réponse au chèque réparation de 50 euros attribué par le gouvernement pour remettre en état son vélo et aux mesures mises en place localement afin de faciliter l’achat de VAE.

Ainsi, dans le cadre de sa démarche « l’Ardèche en transition », le Département s’est engagé à soutenir et développer des modes de mobilités douces et notamment le vélo en favorisant, au-delà de la promotion des itinéraires existants et de la pratique du vélo en loisir, la pratique du vélo dans un usage quotidien ou utilitaire. Afin d’encourager ce moyen de déplacement entre le domicile et le travail, la collectivité propose une aide pouvant s’établir à 200 € maximum. L’achat du VAE devra être assuré auprès d’un vélociste ardéchois, cette dernière condition visant par ailleurs à la relance et au soutien de l’économie locale.

Désengorger les transports en commun et éviter le recours à la voiture individuelle en zone urbaine et périurbaine

D’autre part, dans plusieurs Départements, de nouvelles voies cyclables temporaires (matérialisées par un marquage au sol ou des plots) ont vu le jour de façon à permettre aux salariés de se déplacer en toute sécurité et de répondre à trois objectifs principaux :

  • Soulager les itinéraires de transports en commun les plus chargés et ainsi limiter leur sur-fréquentation ;
  • Proposer une alternative à l’usage du véhicule personnel pour des distances courtes afin d’éviter des situations d’engorgement des réseaux routiers et de pollution atmosphérique ;
  • Poser les jalons d’un développement plus important et pérenne de l’usage du vélo.

En Ile-de-France, l’Etat, la Région, la Ville de Paris, les sept Départements franciliens (Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val d’Oise) et le collectif associatif Vélo Île-de-France se sont associés pour développer un réseau cohérent de plusieurs kilomètres de voies cyclables transitoires et modulables. Une analyse des besoins et une coordination des acteurs gestionnaires des principales voiries ont ainsi permis de proposer une offre correspondant aux attentes des cyclistes tout en veillant à la continuité interdépartementale des réseaux cyclables. Une carte interactive a été réalisée à l’attention des usagers, régulièrement mise à jour afin de suivre l’ouverture de ces voies cyclables sanitaires. Au total, près de 150 km supplémentaires viendront compléter courant juin le réseau existant.

Dans les Alpes-Maritimes, le Département a également souhaité accélérer le déploiement des modalités douces pour ses habitants, en continuité du Green Deal lancé par le Président Charles-Ange Ginésy. En collaboration avec les collectivités locales, il a aménagé une double voie cyclable sécurisée. Cette portion littorale de 4 kilomètres permet d’assurer la continuité entre les infrastructures cyclables déjà réalisées. L’expérimentation de ce nouvel aménagement sera conduite jusqu’à la fin juin 2020 en vue d’une évaluation des résultats. L’objectif à terme est de pérenniser cet équipement qui s’inscrit dans le grand projet de l’EuroVelo 8.

Le gouvernement a d’ailleurs annoncé qu’un appel à projets du Fonds de mobilité active (mis en place en 2018) sera lancé en juin pour aider les collectivités qui en auraient besoin à transformer les pistes temporaires en pistes définitives.

Pour se protéger et protéger les autres : le vélo est mon geste barrière

Afin de suivre au mieux l’évolution de la pratique du vélo comme outil de distanciation et l’impact des aménagements cyclables de transition, Vélo & Territoires édite un bulletin bimensuel de suivi de la fréquentation cyclable. La première édition montre que la pratique cyclable dépasse le niveau d’avant crise malgré une météo pluvieuse. La fréquentation enregistrée pour la première semaine de déconfinement est de 44 % supérieure à la moyenne comptabilisée entre le 1er janvier et le 17 mars. Et cette hausse profite à tous les types de milieux : urbain (+27 % par rapport à l’avant-confinement selon le ministère de la Transition écologique), périurbain (+138 %) et rural (+197 %). Cet indicateur atteint même les +87% à l’échelle des trois semaines de déconfinement (du 11 au 31 mai). Ces bons résultats, d’une ampleur inédite, s’inscrivent dans une tendance à la hausse de la pratique du vélo au quotidien et pour les loisirs.

Plus que jamais, la solution vélo fait partie de notre quotidien : repensons nos modes de vie, nos manières de nous déplacer et de partir en vacances afin de construire une France de proximité, de solidarité et d’économie locale !