Solidarité et affaires sociales 21.06.2017

Maltraitance des personnes âgées et handicapées : « de nouvelles formes d’abus et d’emprise »

Alors que vient de se tenir, le 15 juin, la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées, la Fédération du 3977 – qui anime et coordonne un dispositif d’alerte sur les risques de maltraitance envers les personnes âgées et les adultes handicapés – publie son premier rapport d’activité. Le numéro d’appel unique 3977 est aujourd’hui présent dans 77 départements et fonctionne en semaine de 9h à 19h en faisant participer un réseau de plus de 1.200 bénévoles. Ce premier rapport d’activité, qui s’appuie sur l’analyse des 29.610 appels passés au numéro unique en 2016, apporte de nombreux enseignements sur le phénomène de la maltraitance des personnes âgées et des adultes handicapés, qui « interroge sur les nouvelles formes d’abus et d’emprise ».

La maltraitance psychologique en tête

La nature de la maltraitance envers ces personnes est très variable, mais quatre groupes se dégagent néanmoins : la maltraitance psychologique (29,1% des appels), la négligence passive (13,5%), la maltraitance physique (13%) et la maltraitance financière (12,5%). Les autres motifs sont moins prégnants, comme la privation de citoyenneté (7,4%), la négligence active (6,3%), la maltraitance médicale (6,2%) et les violences sexuelles (0,9%).

Sur l’origine de la maltraitance, quatre causes principales se dégagent : l’agressivité (31%), des relations familiales difficiles (20%), l’intérêt financier (18%) et les troubles du comportement du maltraitant (12%). Les principales victimes de la maltraitance sont des femmes (69%), davantage chez les personnes âgées (73%) que chez les personnes handicapées (52%). Un écart qui s’explique toutefois, pour partie, par la plus grande proportion de femmes chez les personnes âgées.

En termes de localisation des faits, la grande majorité (73,5%) se produit au domicile, de façon quasi équivalente pour les personnes âgées (73%) et les adultes handicapés (77%). Il reste néanmoins que plus d’un quart des faits de maltraitance signalés se situe hors du domicile, ce qui correspond pour l’essentiel au cas de figure de la maltraitance institutionnelle.

Les adultes handicapés n’hésitent pas à signaler les faits

Sur la relation de la personne mise en cause avec la victime, on trouve en premier lieu l’entourage familial (53,5%), suivi de l’entourage professionnel (32%) et de l’entourage social (14,5%). Enfin, sur l’origine de l’appel signalant une maltraitance envers une personne âgée ou un adulte handicapé, il convient de distinguer le cas du domicile et celui de l’établissement. Dans le premier cas, la principale origine du signalement est l’entourage familial (37%), suivie de près par l’entourage professionnel (32%), la victime elle-même (23%) et l’entourage social (9%). Dans le cas des signalements en institution, l’entourage familial prédomine très nettement (56%), suivi de loin par l’entourage professionnel (18%), par la victime elle-même (13%) et par l’entourage social (1%).

Sur ce point, la seule différence significative entre personnes âgées et adultes handicapés concerne les signalements par la victime elle-même. Contrairement à une idée toute faite, les adultes handicapés sont beaucoup plus nombreux que les personnes âgées à signaler eux-mêmes des faits de maltraitance : respectivement 38% et 20% au domicile et 32% et 5% en institution.

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