Confusion sexuelle : l’Aude soutient les viticulteurs
Développement durable 10.01.2019

Confusion sexuelle : l’Aude soutient les viticulteurs

Après la suppression des produits chimiques dans l’entretien des espaces départementaux, l’Aude veut aller plus loin et encourager de nouvelles pratiques plus responsables et respectueuses de l’environnement. En ce sens, une nouvelle campagne de grande envergure sera lancée en 2019. Objectif : développer le traitement biologique par la confusion sexuelle dans les vignes de l’Aude.

Face aux questions environnementales, habitants, agriculteurs, viticulteurs sont de plus en plus attentifs à la réduction de l’impact des activités humaines sur la qualité de l’air, de la terre et des eaux. Pilier de l’agriculture audoise, la viticulture est particulièrement concernée par ces questions et de nombreux efforts sont déjà réalisés par les professionnels pour développer une viticulture durable.

L’un des défis majeurs des viticulteurs est de trouver une alternative efficace aux insecticides conventionnels pour lutter contre les papillons nocturnes ravageurs de la vigne, plus communément nommés « tordeuses de la grappe ». Parmi les techniques alternatives aux produits chimiques figure la lutte insecticide par « confusion sexuelle ». Déjà adoptée avec succès dans plusieurs pays d’Europe, elle semble faire l’objet d’un regain d’intérêt dans l’hexagone suite au Grenelle de l’Environnement et aux efforts réalisés pour limiter l’utilisation des pesticides. Les surfaces protégées par confusion sexuelle représentent 30 000 ha, soit environ 4% du vignoble français.

Confusion sexuelle : une méthode naturelle pour protéger les vignes

L’idée de la confusion sexuelle est toute simple : il s’agit de détourner la fonction des phéromones pour gêner la reproduction des papillons de nuit. Les phéromones sont les hormones sexuelles que les papillons femelles émettent pour attirer les mâles. La méthode dite de confusion sexuelle repose donc sur des diffuseurs (sous forme de tubes en plastique creux) contenant un  liquide phéromonal, reproduction à l’identique du mélange naturel.

Positionnés sur les sarments de la vigne, à raison de 500 par hectare, ces diffuseurs émettent dans l’air tout au long de la saison des phéromones de synthèse chargées de désorienter les papillons mâles. Ceux-ci ne parviennent alors plus à localiser les femelles et ne peuvent donc s’accoupler. Pas d’accouplement, pas d’œufs, pas de larves perforant les grains (occasionnant des blessures qui provoquent l’écoulement de jus sucré et par extension le pourrissement des grains responsable de goûts moisis-terreux des vins), pas de dommages sur les baies de raisin.

Au final, le taux d’accouplement des papillons de nuit chute sans tuer un seul insecte, et les grappes sont protégées tout au long de la saison.

L’Aude engagée auprès des viticulteurs

Afin de développer une viticulture durable, l’Aude souhaite donc inciter ses viticulteurs à adopter la lutte par confusion sexuelle. Conscient que cette méthode est plus coûteuse à mettre en place que la technique habituelle d’aspersion d’insecticides (du fait de l’accrochage manuel des diffuseurs), le Département a voulu, par une action concertée avec les acteurs de la filière viticole, soutenir les viticulteurs dans leurs démarches. Ainsi, une aide financière est attribuée aux viticulteurs qui décident de se tourner vers cette nouvelle pratique. Un montant forfaitaire de 40€ l’hectare est versé la première année de conversion, puis de 20€ la seconde année.

Pour Alain GINIES, vice-président du Département de l’Aude en charge de la commission agriculture et environnement, lui-même issu d’une famille de vignerons et de trufficulteurs, ce genre d’initiative a pour but de rendre le territoire audois attractif : « On pourra dire : venez dans l’Aude, vous serez dans des terres saines où on limite de façon drastique les traitements sur les vignes et où, depuis début 2016, tous les jardins, ronds-points, bords de route, espaces verts des collèges et bâtiments administratifs gérés par le Département sont entretenus sans produits chimiques ». (Source : L’Indépendant)

Une méthode saine,  « douce » et non invasive qui permet de réduire le recours aux insecticides classiques.

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