Les Départements s’ouvrent à l’open data
Innovation et Numérique 25.01.2016

Les Départements s’ouvrent à l’open data

CES de Las Vegas, Forum de Davos, le numérique est sur toutes les lèvres en ce début d’année 2016. Le projet de loi République numérique examiné par les députés la semaine dernière, vient contribuer dans ses grandes lignes à la protection de la vie, au droit des consommateurs et à l’accès aux données. Cheville ouvrière des écosystèmes numériques territoriaux, les Départements s’engagent depuis plusieurs années à ériger de façon opérationnelle la République numérique esquissée dans ce projet de loi. Zoom sur l’un des principes clés de l’économie numérique : l’ouverture des données publiques ou open data.

Préparer le territoire aux enjeux numériques constitue une priorité affichée dans le projet de loi. Une quinzaine de Départements se sont déjà engagés à favoriser la circulation des données et du savoir, en ouvrant des plateformes open data en ligne. Des millions de données publiques très diverses (hors données sensibles et personnelles) sur les axes de compétences des Départements sont ainsi partagées et mises à disposition des internautes gratuitement : agenda des événements, catalogue des bibliothèques départementales, budgets consolidés, plans topographiques, comptages routiers, atlas des chemins de randonnées, etc.

La Saône-et-Loire est en septembre 2011 le premier Département à ouvrir un site internet dédié à la libération d’autant de données brutes. Les enjeux pour les collectivités sont multiples :

  • Développer la transparence numérique et l’e-démocratie
  • Donner du sens au travail effectué par les agents de la collectivité
  • Faire émerger de nouveaux savoirs
  • Encourager le développement de services innovants destinés aux citoyens.

Avec l’open data, les Départements font ainsi un pas de plus vers la modernisation, la lisibilité et la réactivité de l’action publique.

Un champ nouveau d’exploration et d’innovation

L’open data ouvre la voie à la création d’applications pratiques et au développement de services innovants à partir d’une réutilisation construite et illustrée des données brutes.

Home’n’go est un exemple concret d’application développée grâce à l’open-data et soutenu par le Département de Saône-et-Loire. Ce service web permet aux particuliers d’organiser leur recherche de logements en fonction de données géolocalisées sur les services alentours tels que les collèges, les salles de sports, etc., venant motiver la décision finale du choix de sa résidence.

L’open data offre aussi de nouvelles opportunités économiques : fin janvier, le Département de Loire-Atlantique participera au Hyplab, forum réunissant des équipes transdisciplinaires et des professionnels pour réaliser un projet collaboratif de datajournalisme.

Nouveau concept, nouvelles pratiques : une approche transverse et décloisonnée du service public départemental

La publication des données nécessite de former les équipes des Départements à ces nouvelles méthodes de diffusion de l’information. En Gironde, le Département organise par exemple un parcours infolab ponctué d’ateliers et de « datalunch » pour favoriser la compréhension, la manipulation et la valorisation des données numériques ouvertes par tous ses agents.

Ces projets s’inscrivent souvent dans des démarches transversales visant à promouvoir et à accompagner le développement des usages, contenus et services numériques sur l’ensemble du territoire. Les Départements de Seine-Maritime et de l’Eure se sont par exemple associés pour proposer un portail mutualisé des données hauts-normandes disponibles. D’autres Départements devraient prochainement se lancer dans l’aventure, dont la Haute-Garonne et la Seine-Saint-Denis qui ouvrent leur plateforme ce mois-ci.