Egalités 17.03.2015

Les départements, fers de lance de l’égalité hommes – femmes

Ségrégation professionnelle, écarts de rémunération, précarité de l’emploi, moindre représentativité dans le corps électoral, monoparentalité, violences conjugales, sexisme, les exemples d’inégalités dont sont victimes les femmes sont nombreux. A travers la journée du droit des femmes et les élections départementales paritaires, le mois de mars 2015 met en exergue la question de l’égalité hommes – femmes.

Un cadre national qui réinterroge et dynamise les principes d’égalité 

La Journée internationale du droit des femmes, organisée chaque année le 8 mars, marque le point d’orgue de la mise en avant du combat mené quotidiennement par ces femmes qui « font la France » et contribuent au dynamisme et à la cohésion sociale du territoire.

Véritable préoccupation sociétale et thème transversal des politiques publiques, l’égalité femmes-hommes est inscrite depuis 2012 dans la feuille de route du gouvernement. La loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes pose le cadre d’une politique intégrée de l’égalité. Elle associe la prise en compte des enjeux de l’égalité dans l’ensemble des politiques publiques, et des mesures spécifiques destinées aux plus fragiles.

Devant les résultats encourageants quant à l’effectivité des droits des femmes dans tous les champs de la vie professionnelle, sociale et personnelle, le gouvernement s’est fixé quatre principes :

  • L’espace public appartient à toutes et tous : des « marches exploratoires » seront ainsi expérimentées dans 12 villes, afin de favoriser un usage plus égalitaire et une appropriation de l’espace urbain par les femmes. Un avis du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes sur le « harcèlement sexiste » dont sont victimes les femmes dans l’espace public sera présenté en avril, et viendra alimenter les réflexions d’un groupe de travail sur les violences faites aux femmes dans les transports.
  • L’égalité professionnelle est un impératif de justice sociale et d’efficacité économique : testés dans 12 régions françaises, les dispositifs d’innovation axés sur l’insertion professionnelle des publics féminins éloignés de l’emploi et l’accompagnement vers un entreprenariat au féminin, seront étendus à l’ensemble du territoire national.
  • L’égalité suppose de faire reculer les stéréotypes et le sexisme : culture, sport, médias, éducation, etc., c’est la mobilisation de l’ensemble des secteurs autour du respect des droits des femmes qui permettra une réelle évolution des représentations.
  • Les femmes victimes de violences doivent être protégées : des réponses adaptées seront proposées en direction des femmes victime de violence, notamment en matière de professionnalisation du service public ou d’accessibilité à un hébergement pérenne.

 

Les Conseils départementaux : premières assemblées intégralement paritaires 

En application de la loi du 17 mai 2013, c’est la première fois qu’un scrutin binominal paritaire sera organisé, et permettra de faire évoluer à 50% la part des femmes élues. Pour rappel aujourd’hui, seuls 17,79% des postes d’élus des Conseils Généraux sont occupés par des femmes (de 3 jusqu’à 35% pour le Département le plus « féminisé »), dont six sont présidentes de Conseils généraux (en comptant le Conseil de Paris présidé par Anne Hidalgo). Les résultats du scrutin du 29 mars permettront également d’observer la progression des femmes en termes de responsabilités exécutives. D’ores et déjà, les commissions permanentes et l’élection des vice-présidents devront répondre à la règle de la parité.

Une forte mobilisation des Départements en faveur de l’égalité  

Les départements engagés dans des politiques de solidarité et de défense des droits humains s’associent à cette démarche d’égalité entre les femmes et les hommes. Leur implication sur ces sujets s’est confirmée ces dernières années, à travers des réflexions transversales sur les différents politiques publiques (monoparentalité, précarité, vieillissement, emploi, isolement, lutte contre les stéréotypes…), et la mobilisation de moyens humains afin d’agir sur le terrain au contact des femmes victimes de discrimination ou violence, qu’elle soit physique ou psychique.

Plusieurs conseils généraux, aussi bien urbains que ruraux, développent des actions pour lutter contre les mécanismes qui entravent l’égalité entre les femmes et les hommes, et « bousculer les préjugés ». A l’occasion de la journée du 8 mars 2015, un Conseil général a par exemple participé à une semaine d’animations visant à rafraîchir l’image du métier d’agricultrice, alliant autodérision et sérieux (organisation d’un défilé de mode, exposition sonore et vidéo, table ronde). Un autre a proposé l’organisation d’une rencontre pour un partage plus égalitaire de l’espace public.

Certains s’investissement quotidiennement aux côtés des associations locales et structures d’insertion par l’économique. Déjà mobilisé depuis plusieurs années pour la mise en œuvre du plan d’actions pour l’égalité, un Département a élaboré une charte sportive pour l’égalité des chances entre les femmes et les hommes. Les partenaires s’y engagent à mener des actions pour notamment encourager une pratique sportive accessible à tou(te)s, ou veiller à une égale accessibilité aux équipements sportifs.

Un autre Conseil général s’est engagé à poursuivre et accentuer son action volontariste, à travers la création de l’observatoire départemental de lutte contre les violences faites aux femmes. L’objectif de cet outil est de compléter les connaissances et faciliter l’accès à l’information sur ce sujet, afin de croiser les regards et expertises des différents acteurs du territoire. Il invite ainsi à une réflexion commune face à des enjeux partagés, de manière à apporter des réponses adaptées et pérennes. Il intervient en complémentarité de la mise à disposition de portables d’urgence, ou la présence d’intervenants sociaux dans les gendarmeries.

Autre exemple d’initiative suivie par deux départements français : le projet européen de coopération « Business and networking of entreprising women » (B.NEW). Réunissant 7 structures françaises et anglaises, il vise à développer l’entreprenariat féminin sur les territoires concernés, en favorisant notamment les échanges transfrontaliers et le développement à l’international des entreprises créées par des femmes. Le projet vise à faciliter les contacts entre chefs d’entreprises femmes pour créer des flux d’affaires, des échanges d’expériences et des réseaux.

L’ADF engagée pour des collectivités exemplaires

A visée d’égalité professionnelle, l’ADF a signé dès 2013 un protocole de l’égalité femmes – hommes dans la fonction publique départementale avec Marylise Lebranchu.

Elle prépare actuellement le catalogue des initiatives et événements conduits en 2015 par les conseils généraux sur la lutte contre les violences faites aux femmes, illustrant l’engagement et la qualité des démarches portées par les départements.

De nouveaux projets sont en cours, parmi lesquels la généralisation du téléphone grand danger, actuellement expérimenté dans plusieurs départements. L’ADF appuie pour une couverture urbaine et rurale de ce dispositif. En outre, l’ADF et le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes mènent actuellement une enquête auprès des élu(e)s des Conseils départementaux sur l’articulation entre vie politique, professionnelle et familiale (voir Flash n°970).