L’action internationale des Départements : une politique en pleine(s) mutation(s)

©Pays de Savoie Solidaires

Relations internationales 29.03.2016

L’action internationale des Départements : une politique en pleine(s) mutation(s)

Dans un contexte budgétaire contraint, les Départements vont être tentés de recentrer leur action sur leur cœur de métier, parfois au détriment de politiques volontaristes. Ces politiques facultatives n’en restent pas moins essentielles pour les territoires et leurs habitants. Parmi celles-ci, l’action internationale. Des Départements ont pris l’option de questionner ces politiques en réorientant les projets : un choix gagnant-gagnant préféré à l’arrêt de ces politiques.

L’avenir de l’action internationale des Départements passe par une adaptation de l’approche même de cette politique publique : tout l’enjeu de la coopération n’est pas d’apporter des solutions clés en main aux problématiques des partenaires associés, mais bien d’impulser des dynamiques d’alliances entre territoires. C’est toute l’ambition fixée par la Loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale de juillet 2014 : « rechercher des solutions partagées à des défis communs ». Ces défis communs, ce sont les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), adoptés par les Nations Unies en septembre 2015 pour les quinze prochaines années, et définis pour les territoires du « Nord » comme du « Sud ».

Les Départements actifs à l’international ont compris la nécessité de suivre cette logique pour impacter à la fois leur propre territoire et le territoire partenaire. Le temps de l’export du  » modèle français  » est révolu, place désormais à l’échange et la recherche de solutions co-construites en réponse à des défis partagés : lutte contre le changement climatique, développement économique local, insertion professionnelle, action sociale, lutte contre la pauvreté et les exclusions…

Une coopération gagnant-gagnant

Sur le thème du développement économique local, l’ADF a par exemple signé le 16 mars dernier une convention de partenariat avec le Forum Francophone des Affaires (FFA). Créé en 1987 lors du Deuxième Sommet de la Francophonie à Québec, le FFA fédère les acteurs économiques et assure un dialogue entre les sphères économique et politique. A travers ce partenariat, les Départements pourront concrétiser des opportunités d’investissement international et des initiatives à l’exportation d’entreprises attachées à leur identité départementale.

Autre domaine d’action à privilégier au sein de projets de coopération internationale : les solidarités humaines et territoriales, au cœur même de la mission des Départements. La coopération avec d’autres territoires du monde peut être un excellent moyen de répondre aux besoins des professionnels de l’action sociale, de les outiller, toujours dans le but d’améliorer l’efficacité et l’efficience du service public, et de :

  • Développer la transversalité au sein de la collectivité, grâce à l’implication de services métiers dans les projets d’échanges ;
  • Mettre en réseau divers partenaires et développer le travail en synergie entre acteurs du territoire ;
  • Améliorer les processus d’accompagnement des migrants sur le territoire par une meilleure connaissance et compréhension de leurs référentiels.

Des exemples de partenariat conduits par les Départements

Plusieurs Départements ont pris le parti d’orienter leur coopération à l’international sur l’action sociale. C’est le cas du Département de Savoie, via son opérateur de coopération Pays de Savoie Solidaires. Leur programme d’échange Animaterre Jeunesse, en coopération avec le Sénégal, Haïti et la Roumanie, doit permettre aux professionnels savoyards de prendre du recul sur leurs pratiques et de s’approprier l’approche interculturelle. Il donne également l’opportunité aux élus locaux de s’inspirer d’autres démarches pour faire évoluer la politique jeunesse sur leur territoire.

Pour les Départements qui souhaitent suivre cette voie, l’ADF conduit depuis mars 2015 la démarche TERRINCLUS avec un objectif principal : améliorer la qualité et l’impact des projets. Ce dispositif d’échange et de capitalisation des expériences entre porteurs de projets permettra d’ici l’automne d’apporter des éléments de méthode, via la publication d’un kit de capitalisation méthodologique, à retrouver sur le site de l’ADF.