Culture 25.07.2014

La Corrèze adepte du mécénat populaire

Pour préserver leur richesse identitaire, les territoires n’hésitent pas à faire appel au mécénat. C’est le cas de la Corrèze qui a été l’un des premiers départements à signer une convention de partenariat en 2000 avec la Fondation du patrimoine dont l’action à promouvoir la connaissance, la sauvegarde et la valorisation du patrimoine français, aussi bien public que privé.

Les collectivités locales, pour valoriser leur patrimoine communal et alléger leur part restant à charge après obtention des fonds publics (qui ne doivent pas excéder 80 %), peuvent ainsi faire appel à la Fondation du patrimoine pour une souscription publique.

Mais plusieurs autres dispositifs sont mis en œuvre. Les propriétaires privés peuvent ainsi obtenir un label défiscalisant pour réaliser des travaux sur leur patrimoine non classé et non inscrit. Ce type de patrimoine très varié peut aller de très belles maisons à des puits, fours ou tout ensemble rural qui traduit la vie locale et sociale à une époque donnée.

Le mécénat populaire, appellation déposée à la Cour des comptes, a été testé pour la première fois en France en 2004, dans une petite commune corrézienne, Gourdon-Murat. Le succès de cette démarche réside dans sa totale transparence, l’assurance pour les donateurs que l’argent confié va bien au projet de leur choix et le faible niveau des frais de gestion (3 %).

Le mécénat d’entreprise n’est pas non plus à négliger. Sur une durée déterminée, une entreprise s’engage à reverser une partie de sa marge sur un produit ou service vendu à la Fondation du Patrimoine. L’entreprise bénéficie alors de 60 % de crédit d’impôts sur la somme abandonnée. « C’est un exercice de la citoyenneté à travers une consommation responsable », explique le délégué régional de la Fondation du patrimoine.

Quelques exemples corréziens : les vignerons de Queyssac reversent 3 euros par bouteille achetée de vin paillé 2009, pour les travaux de sauvegarde de l’abbatiale romane de Beaulieu. Sur chaque puzzle en chocolat vendu 10 euros, Borzeix Besse reverse 3 euros à la délégation de la Fondation pour la restauration du Domaine de La Borie et la sauvegarde du patrimoine de la Ville de Tulle.

P.B