Etape 8 : Un Isérois au sommet des Pyrénées

Dans l'ascension du Peyresourde (Hautes-Pyrénées)

Tour de France 05.09.2020

Etape 8 : Un Isérois au sommet des Pyrénées

Les Pyrénées et le Tour, c’est une histoire d’amour ! Sélectionnez les incontournables Départements de la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, inscrivez le nom des principaux cols du coin, mélangez et faites sortir d’un chapeau. Comment ne pas tomber sur Menté, Balès et Peyresourde ! Un format dynamique, exigeant et explosif, on vous dit tout sur cette 8e étape…

Savoir naviguer à bon Port

Après Bagnères-de-Luchon, Muret et Toulouse, c’est Cazères-sur-Garonne qui lançait pour la première fois les hostilités. Un tracé en faux plat montant régulier laissait un peu de répit au peloton jusqu’au traditionnel sprint de Sengouagnet au kilomètre 42,5. La suite ne fut que cols et pentes ! Première difficulté de l’étape, le col de Menté, court mais dense, avec une descente aussi raide que la montée. De l’autre côté de la vallée, c’est déjà les Hautes-Pyrénées et la traversée des villages de Saint-Béat, Mauléon-Barousse, Ferrère autant de noms bien connus des spécialistes de la bicyclette… ou de fromages avec le délicieux Barousse (à ne pas manquer à l’occasion d’une sortie Vélo & Fromages concoctée par le Département) !

Le deuxième mouvement de la journée et non des moindres annonçait la couleur au km 104,5, avec le du Port de Balès, premier col classé hors catégorie de cette édition 2020 de la Grande Boucle. Entre passages à 3 % et rampes à plus de 10, l’ascension s’est déroulée sur des pentes irrégulières sur une route étroite, un plaisir pour les yeux, mais moins pour les jambes… Avec tout juste 17 degrés au sommet, il était temps de filer vers la dernière difficulté, le Peyresourde, un grand classique du Tour gravi à 47 reprises. Un ultime raidillon pour les rescapés des précédentes cimes avant de plonger jusqu’à Loudenvielle et ses thermes, au creux de la Vallée du Louron. Et quelle émotion que de voir un Français franchir le col en tête, sous les hourras de la foule venue nombreuse (et masquée), à pied, à vélo ou via les navettes mises en place par le Département des Hautes-Pyrénées : 1000 personnes dans le Port de Balès, 2000 dans le Peyresourde, comme au temps d’avant…

Un Français qui sourit, un autre qui pleure…

Avec une arrivée dessinée après 11 km de descente, on aurait pu croire que cette première étape pyrénéenne accoucherait d’une souris. Mais le Tour, même en septembre, reste le Tour ! Après plusieurs mois sans compétition, les coureurs avaient des fourmis dans les jambes et l’envie de montrer le maillot. Groupe d’échappés, attaques à répétition, lâchés, il y a eu plusieurs courses dans la course. D’abord celle à la victoire d’étape sur la ligne à Loudenvielle, au bord du lac de Génos. Prendre la bonne échappée. La mener jusqu’au bout. Résister aux poussées de ses compagnons du jour. A ce jeu-là, c’est Nans Peters qui s’impose en solitaire, signant par la même occasion une nouvelle victoire dans un Grand Tour, après le Giro en 2019, pour sa toute première participation, 23 ans après un autre Français, Laurent Brochard.

Autre lutte du jour : celle pour le classement général… déjà me direz-vous, après à peine une semaine. Guillaume Martin tente sa chance dans l’ascension finale, Tadej Pogaçar, piégé la veille, le double. Romain Bardet grapille quelques secondes, même Quintana y va de sa petite attaque. Ça fuse de tous les côtés… Sauf pour Thibaut Pinot, le maudit du Tour, qui voit une nouvelle fois ses chances de victoire s’envoler. Sa douleur au dos l’assaille dans le Port de Balès et ne le quittera plus. Il finit à plus de 25 minutes de son compatriote, épaulé par toute son équipe. Mais demain est un autre jour, qui sait quel lot de surprises nous réserve cette étape 100% béarnaise, entre Pau et Laruns. Le maillot jaune risque bien de changer d’épaules…