Cartographies départementales de la vaccination – Mise à jour du 21/04/2021
Santé publique 08.03.2021

Cartographies départementales de la vaccination – Mise à jour du 21/04/2021

Chaque semaine, l’ADF met à jour plusieurs cartes thématiques interactives permettant de rendre compte de l’évolution de la campagne de vaccination sur le territoire. Ces cartes sont obtenues à partir des données publiées quotidiennement par Santé Publique France, et disponibles à l’adresse suivante : https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/donnees-relatives-aux-personnes-vaccinees-contre-la-covid-19-1/

Population générale

A la date du 7 avril 2021, 9 356 298 personnes ont reçu au moins une dose de vaccin, soit 14,5% de la population française ; et 3 120 632 personnes ont été complètement vaccinées (deux doses), soit 5,1% de la population générale.

L’écart-type entre la couverture vaccinale moyenne de la population générale à l’échelle nationale (première dose) et les moyennes départementales est de 3,6, en nette augmentation depuis plusieurs semaines. L’accroissement de cet écart-type indique que les disparités territoriales dans l’avancement de la campagne vaccinale ont tendance à se creuser. La couverture de la population par Département varie ainsi de 2,7 à 20,2%.

A la date du 21 avril 2021, 13 018 378 français ont reçu au moins une dose de vaccin, soit 19,43% de la population ; 4 850 310 personnes sont complètement vaccinées, soit 7,24% de la population.

L’écart-type entre la couverture vaccinale moyenne de la population générale à l’échelle nationale (première dose) et les moyennes départementales est de 4,6, en nette augmentation depuis plusieurs semaines. L’accroissement de cet écart-type indique que les disparités territoriales dans l’avancement de la campagne vaccinale ont tendance à se creuser. La couverture de la population varie ainsi de 3,7 à 27,1% en fonction des Départements.

La proportion des personnes ayant reçu leur deuxième dose par rapport à celles n’ayant reçu que la première est de 37,4%, en légère augmentation par rapport à la semaine dernière (35,9%). Cela signifie que la continuité du parcours vaccinal est encore assurée, et que le fossé entre la population primo-vaccinée et celle intégralement immunisée ne se creuse plus comme lors de la montée en puissance de la campagne vaccinale. Pour accélérer encore le rythme de vaccination sur le territoire, les autorités sanitaires ont par ailleurs annoncé que la période entre les deux injections des vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) passerait, à partir du 14 avril, de 28 à 42 jours. Cette mesure, qui permet de focaliser les injections sur les primo-vaccinés (pour qui l’efficacité du vaccin est assurée à 70%), pour atteindre plus rapidement l’immunité collective, devrait mécaniquement abaisser ce ratio dans les prochaines semaines.

VERS UN « RYTHME DE CROISIERE » ?

Le nombre total de doses administrées en une semaine a augmenté de 17,4% en moyenne, soit 2,1 points de moins par rapport à la dernière date de constatation (7 avril). Il est cependant normal que ce taux d’augmentation diminue légèrement au fil du temps : plus le nombre de personnes vaccinées augmente, plus cette proportion nouvelle correspond à un chiffre moins élevé en pourcentage. Le pourcentage de la population générale nouvellement vaccinée cette semaine est en moyenne de +2,8%, contre +2,7% la semaine dernière. Ce chiffre est à son plus haut niveau depuis le début de la campagne.

Après plusieurs semaines d’évolution en dents de scie, le rythme de vaccination semble donc se rapprocher de nouveau d’une courbe exponentielle. Les livraisons de doses devraient encore prendre de l’ampleur dans les prochaines semaines selon les données fournies par les laboratoires à Santé Publique France, même si le temps d’acheminement et de prise en charge des produits, ainsi que les incertitudes sur la livraison effective des doses font peser un doute sur une réelle accélération.

UNE VACCINATION TOUJOURS A VITESSE VARIABLE

Depuis le début de la campagne de vaccination, deux dynamiques contraires sont observables : dans les Départements à dominante rurale, la part de la population vaccinée est plus importante, et le rythme de vaccination, même s’il est parfois moins soutenu qu’en zone métropolitaine, est nettement plus constant ; au contraire, les Départements à dominante urbaine, ou accueillant d’importantes métropoles, sont moins avancés dans le processus de vaccination, et demeurent très dépendants des fluctuations dans le rythme de livraison et de la mise en place de vaccinations « de masse » plus ponctuelles, notamment le week-end. Les Départements les plus avancés sont ainsi parmi les moins peuplés et denses, à l’image de la Creuse (26,1% de la population ayant reçu une première dose), du Cantal et de l’Aveyron (25,5%), de l’Orne (25,4%) ou encore de la Corse (26,5% de primo-vaccinés), territoire le plus avancé à ce jour dans la campagne de vaccination. Certains départements ayant connu une situation épidémique particulièrement préoccupante ces dernières semaines ont également bénéficié de livraisons supplémentaires ayant entraîné une augmentation de la couverture vaccinale, à l’image des Alpes-Maritimes (26%) ou de la Nièvre (26,2%). A contrario, les Départements dominés par d’importantes métropoles connaissent des taux de vaccination moins élevés, comme l’Ile-de-France (14,2% en moyenne hors Paris), le Rhône (17,5%), la Loire-Atlantique (17,1%) ou encore la Haute-Garonne (17,8%).

Les Départements sont classés sur ces graphiques en fonction d’une typologie établie par l’INSEE, basée sur le pourcentage de la population vivant dans la zone d’influence d’une métropole, d’une grande ville ou d’une petite ou moyenne agglomération.

Notons par ailleurs que les Départements d’Outre-Mer montrent encore des chiffres de vaccination bien inférieurs à la métropole (environ 4,5% de la population ayant reçu une première dose). Cette différence s’explique par un début de campagne de vaccination plus tardif, et par plusieurs difficultés logistiques notamment dans l’acheminement et la conservation des vaccins. Les livraisons vers ces territoires continuent de connaître un rythme beaucoup plus faible que la métropole.

UNE STRATEGIE VACCINALE PERFECTIBLE ?

L’une des conséquences de cette dichotomie entre Départements ruraux et urbains réside dans l’absence de réelle corrélation entre situation épidémique et accélération de la vaccination. En effet, de façon assez illogique, on observe que les Départements où le taux d’incidence est le plus élevé sont aussi très souvent ceux qui souffrent d’une couverture vaccinale plus faible (cf. cartes ci-dessous).

Cette lacune importante de la stratégie vaccinale peut en partie s’expliquer par le mécanisme de répartition des doses livrées par les laboratoires. Les données publiées par Santé Publique France concernant les livraisons de vaccins suggèrent en effet que leur répartition se base uniquement sur un critère démographique, sans prendre en compte les différences dans les indicateurs de propagation du virus. Si l’on rapporte le nombre de doses livrées par rapport à la population départementale et à la situation épidémique, on observe ainsi que des Départements très fortement touchés reçoivent proportionnellement moins de doses que d’autres territoires où la situation est plus favorables, à l’image de la Seine-Saint-Denis et de la Seine-et-Marne, qui ont reçu la semaine dernière de quoi vacciner environ 2,5% de leurs populations, alors que les taux d’incidence y atteignent respectivement 650 et 500 cas pour 100 000 habitants, ou bien du Nord, qui n’a reçu qu’un nombre de doses égal à 2% de sa population, pour un taux d’incidence de 406/100 000. Au contraire, des Départements comme les Landes ou les Hautes-Pyrénées, qui ont reçu la semaine dernière de quoi vacciner près de 6% de leur population, connaissent des taux d’incidence inférieurs à 200/100 000 habitants. Une stratégie paradoxale qui souffre par ailleurs d’un manque de clarté sur les livraisons prévues, qui ne sont que partiellement communiquées et incertaines, comme l’ont fait remarquer les associations d’élus et l’ADF dans plusieurs communiqués adressés au Premier Ministre…

TYPES DE VACCIN UTILISES : UNE TRADUCTION STATISTIQUE DE LA MEFIANCE CROISSANTE POUR ASTRA ZENECA

Si l’on s’intéresse aux types de vaccins administrés, on observe que les doses du laboratoire Pfizer/BioNTech sont, comme depuis le début de la campagne, les plus utilisées partout, avec 74,5% des doses administrées en moyenne. Le vaccin de Moderna demeure très minoritaire, mais connait néanmoins une très légère augmentation, avec 7,8% des vaccinations en moyenne. Ce type de vaccin n’est pas utilisé dans les Départements d’outremer et dans certains Départements métropolitains peu peuplés (Lozère, Meuse, Haute-Marne…).

Le vaccin d’Astra Zeneca, qui connaissait jusqu’à présent une progression quasi-continue de son poids dans la vaccination (à l’exception de sa semaine de suspension temporaire), accuse pour la deuxième semaine consécutive un net décrochage, qui peut en grande partie s’expliquer à la fois par une légère baisse des livraisons, mais aussi par une défiance plus importante de la population à l’encontre de ce produit, alors que le Danemark est devenu la semaine dernière le premier pays européen à interdire le vaccin du laboratoire anglais sur son territoire. Avec 18,6% du total des injections en moyenne, contre 19,1% la semaine dernière, le vaccin Astra Zeneca semble ainsi perdre sa place de « moteur de la vaccination », notamment dans les zones urbaines où il était particulièrement utilisé.

La suspension temporaire du vaccin Johnson & Johnson par les autorités sanitaires américaines (malgré un maintien des livraisons en Europe), ainsi que l’interdiction de commandes territorialisées de doses du vaccin russe Spoutnik V avant son approbation par le régulateur européen font craindre un net retard dans l’arrivée de nouveaux fournisseurs, qui auraient pu permettre d’augmenter significativement le volume de livraisons.

VACCINATION EN EHPAD : UNE LONGUE DERNIERE LIGNE DROITE

La vaccination des résidents d’EHPAD et USLD continue sa progression, avec des disparités territoriales de moins en moins marquées en métropole. En moyenne, 93% des résidents ont reçu au moins une dose (contre 92% la semaine dernière), et 74,1% sont entièrement vaccinés, après plus de quatre mois de campagne vaccinale auprès de ces publics prioritaires. La progression est cependant de plus en plus lente, devenant inférieure au rythme de vaccination en population générale. 49 Départements ont atteint le seuil des 100% de résidents ayant reçu une première dose, soit huit de plus en une semaine. La Savoie et les Ardennes et les Pyrénées-Orientales sont les seuls territoires ayant atteint les 100% de résidents en EHPAD intégralement vaccinés (deux doses).

Les liens ci-dessous permettent d’accéder aux différentes cartes en fonction des catégories de population par Département.

Données générales sur la vaccination

 

Données concernant la population en EHPAD

 

Données concernant la population de plus de 75 ans

 

Données concernant le type de vaccin administré

 

Données concernant l’évolution de la vaccination sur une semaine (depuis le 07/04/2021)

 

Données concernant les livraisons de vaccins