Atelier des Départements de France dans la Manche : le Département, l’échelon territorial de la proximité
Départements littoraux 13.09.2018

Atelier des Départements de France dans la Manche : le Département, l’échelon territorial de la proximité

Les sessions des Ateliers des Départements de France reprennent ! Après le Puy-de-Dôme le 13 juin dernier, Saint-Lô a accueilli le jeudi 20 septembre une après-midi de dialogue et de partage. A l’invitation du Président de la Manche Marc Lefèvre, les élus du Département étaient conviés à échanger en présence de Dominique Bussereau, Président de l’ADF et d’intervenants locaux, afin de valoriser et mettre en perspective les dynamiques départementales, autour de thématiques fortes et spécifiques du territoire : les politiques territoriales et les risques littoraux.

Deux tables rondes étaient ainsi organisées au cours de cette demi-journée :

La politique territoriale départementale : enjeux de développement local

Par sa situation géographique, son histoire, la Manche a conservé un maillage de petits bourgs qui participe à un développement équilibré de l’ensemble de son territoire. Cette caractéristique confère aux collectivités locales des devoirs en termes de mobilité, de présence et d’accessibilité de services à la population.

Depuis plus d’une dizaine d’années, le Département soutient les collectivités dans leurs projets de développement. Dans le cadre de sa politique territoriale 2016-2021, la Manche met en œuvre cet accompagnement par le biais de trois dispositifs :

  • le contrat de territoireà destination des intercommunalités et des 5 principales villes du Département (Avranches, Granville, Saint-Lô, Coutances et Cherbourg-en-Cotentin). Jean-Marie Sevin, Président de l’intercommunalité Granville Terre et Mer a témoigné de son élaboration en lien avec le Département ;
  • le contrat de pôles de services: à travers 65 pôles de services structurants, le Département s’engage pour une durée de quatre ans sur la création, le développement et l’amélioration d’équipements publics, l’aménagement et la valorisation des cœurs de bourgs mais également sur des actions visant à favoriser la vie sociale. Parmi les communes signataires figure le bourg de Saint-Pierre-Eglise : son Maire Daniel Denis a fait un premier retour d’expérience ;
  • le fonds d’investissement rural: établi pour une durée de deux ans, ce fonds permet d’accompagner un ou plusieurs projets dans des communes rurales autres que celles éligibles aux contrats de pôles de services. Parmi les thématiques pouvant prétendre à une aide : les commerces, les équipements petite enfance, les aménagements d’espaces naturels pour une valorisation de leur biodiversité, les bibliothèques, etc.

Laetitia Delaunay, Responsable d’une Maison de Services au Public à Villedieu, a apporté son éclairage de terrain sur la mise en œuvre des dispositifs.

Submersion marine et trait de côte

Avec trois façades maritimes et quelques 355 kilomètres de côtes, la Manche présente un linéaire côtier sableux et rocheux fortement exposé aux risques de submersion marine et aux phénomènes d’érosion du trait de côte. Face à ces aléas et à ces risques littoraux, l’Etat et les collectivités locales travaillent de concert de façon à prévenir et à limiter les risques dans les zones les plus exposées.

Des spécialistes investis dans ces problématiques sont venus évoquer les mesures mises en place pour défendre les côtes du littoral manchois :

  • Jean Kugler, représentant de l’État : Directeur Départemental des Territoires et de la Mer ;
  • Erick Beaufils, Maire de Gouville sur Mer : Maire d’une petite commune rurale située au cœur d’une zone concernée par les aléas météorologiques conséquents à l’érosion du trait de côtes, ancien conseiller départemental de la Manche ;
  • Henri Lemoigne, Président de l’intercommunalité Côte Ouest Centre Manche, secteur particulièrement concerné par l’érosion ;
  • Franck Levoy, géographe de l’université de Caen spécialiste en morphodynamique côtière ;
  • Jean-Philippe Lacoste, délégué Normandie du conservatoire du littoral.

Un sujet qui intéresse les 31 Départements littoraux métropolitains et ultramarins.

 

3 questions à… Marc Lefèvre, Président du Département de la Manche

  • Vous vous êtes positionné pour accueillir un Atelier des Départements de France. Quelles sont vos ambitions ?

Tout au long de l’année nous travaillons avec l’Assemblée des Départements de France. Nous travaillons « avec » mais également « au cœur » de l’ADF dans le cadre de ses commissions thématiques. C’est toute la force de la structuration associative : nous, Départements, en sommes les premiers acteurs. Cela nous permet de mettre en écho nos pratiques avec celle des autres Départements, de nous écouter, parfois de nous rassurer, mais surtout de confirmer l’idée que « à plusieurs, nous sommes plus forts », c’est vraiment quelque chose qui m’a marqué lors du dernier Congrès de l’ADF à Marseille l’an passé. Le fait d’accueillir un Atelier nous permet ainsi de conforter notre appartenance à l’ADF tout en permettant aux élus de la Manche de bénéficier d’un temps d’échange que je souhaite le plus éclairant possible pour eux.

  • En quoi votre Département est-il moteur sur cette thématique ?

Afin de sortir d’une politique de guichet, nous avons souhaité (il y a tout juste 20 ans) mettre en place une politique de contractualisation avec les territoires. Un engagement mutuel qui nous permet ainsi d’être plus efficace, d’être plus efficient, et surtout de mieux prévoir le cadencement et le financement des projets des communes et intercommunalités. Cela permet ainsi d’envisager les projets au cœur d’un aménagement plus complet et de projeter sur ce que seront nos territoires demain. C’est pourquoi dans le cadre de la mandature actuelle nous avons renforcé cette politique contractuelle en la proposant non plus seulement aux intercommunalités mais, de façon complémentaire, aux communes centrales qui maillent le Département et aux communes rurales. Ainsi, chaque territoire, dans le rôle qu’il occupe auprès des habitants, peut bénéficier d’un soutien contractualisé avec le Département.

Pour la table ronde liée au littoral, elle ne concerne pas seulement le Département de la Manche, c’est une question nationale et même plus encore. Je souhaite que l’on garde en tête le fait que le littoral reste la zone de frottement entre deux milieux que parfois tout oppose. La mer reste indomptable, soumise aux aléas météorologiques, aux évolutions climatiques, elle est en mouvement permanent. Le littoral c’est aussi la dernière protection avant les terres, parfois le dernier rempart. En premier lieu cette problématique concerne nos élus littoraux, mais dans une lecture plus fine, elle concerne bien évidemment tout le monde, c’est pour cela que nous souhaitons ouvrir cette table ronde à tous les élus de la Manche.

  • Comment travaillez-vous avec les acteurs locaux pour créer une dynamique départementale ?

La politique contractuelle que j’évoque dans votre question précédente nous permet justement d’être au plus proche des communes et donc de travailler avec elles sur ces projets qui prendront corps demain. Nous avons également mis en place une instance assez innovante dans le Département que l’on appelle le « M9 » ou « Manche 9 ». Quatre fois par an, je rencontre ainsi les présidents des huit intercommunalités de la Manche autour d’un ordre du jour co-construit sur des sujets transversaux. Par ailleurs, avec mes collègues Présidents des quatre autres Départements normands, nous avons mis en place une instance de concertation il y a trois ans. Dans le même esprit qu’avec les intercommunalités, je rencontre mes homologues des Départements normands dans des réunions formalisées, afin d’envisager les dossiers que nous pouvons mutualiser, la manière dont nous travaillons avec la Région, avec les services de l’Etat en région, ou sur des questions parfois d’ordre national. Toutes ces rencontres nourrissent le travail de notre assemblée départementale et donc bénéficieront demain à l’ensemble des habitants de la Manche.