Culture 04.10.2021

2021 : Paris Capitale Impériale

Dans le cadre de la commémoration de la mort de Napoléon 1er, le 5 mai 1821, que nous avions évoquée dans notre lettre d’information N°75 du 29 avril 2021, le Comité de l’Histoire de la Ville de Paris a souhaité organiser un cycle de conférences sur le Consulat et l’Empire au Petit Palais, également Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris, ce jusqu’au 10 décembre prochain. Cette communication abordera la centralité parisienne voulue par l’Empereur, dans ses dimensions culturelles, scientifiques et administratives, qui donnera lieu à une verticalité étendue à tout l’Empire. Retrouvez les évènements forts de cet héritage commémoratif d’un Paris proclamé « Paris, Ville impériale 2021 » … A ne pas manquer.

Figure historique mythique, dont l’aura a dépassé de loin les frontières de l’Hexagone, Napoléon Bonaparte a profondément marqué le paysage politique français et façonné, marqué de son ambition le visage actuel de la Ville de Paris. Voici un abécédaire de ses réalisations les plus remarquables dans notre capitale :

Arc de Triomphe

Au lendemain de la bataille d’Austerlitz, l’Empereur déclarait aux soldats français : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe ». Ce dernier s’était référé aux arcs de triomphe érigés sous l’Empire romain, hommages aux généraux vainqueurs défilant à la tête de leurs troupes. Par un décret impérial daté du 18 février 1806, Napoléon ordonne sa construction, consacrée à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises. Pour plus de hauteur, sa taille de 50 mètres s’ajoute à l’altitude de la colline sur laquelle il fut construit, en cristallisant le rayonnement de la France voulue par Bonaparte.

Bourse

Napoléon est conscient de l’importance de la vie financière à Paris et souhaite lui offrir un cadre digne de ce nom. Le terrain est choisi pour sa localisation et l’on érige un « Palais impérial de la Bourse » regroupant toutes les activités boursières dans une même zone. C’est sur les ruines d’un couvent que se tiendra la Bourse, son architecture s’inspirant des monuments antiques gréco-romains.

Colonne Vendôme

Placée au centre de la place éponyme, construite en pierre et revêtue entièrement de bronze, elle a pour modèle la colonne Trajane de la Rome antique. A son sommet est érigée une statue de Napoléon portant l’épée, la victoire et la couronne de lauriers. Tout au long de sa structure figurent des reliefs sculptés, retraçant les exploits de l’Empereur au cours de la campagne militaire d’Allemagne, en 1805. Elle sera achevée en 1810.

Eglise de la Madeleine – Invalides

Dans ce Paris napoléonien, La Madeleine affiche sa singularité. En vérité, ce n’est pas d’une église dont avait rêvé Napoléon : ambitieux, ce stratège l’était aussi sur le terrain de l’urbanisme. La Madeleine devait être le Temple de la Gloire pour célébrer les hauts faits des vétérans de l’armée. Suivant l’exemple de Rome, l’Empereur avait envisagé également que les Invalides fussent le Temple de la Guerre. Après la retraite de Russie en 1812, il redonne à la Madeleine une destinée plus ordinaire, une église vouée au culte de Marie-Madeleine. Les Invalides abritant désormais le musée de l’Armée et le tombeau de Napoléon Bonaparte …

Louvre

Dès la fin du XVIIIème siècle, Napoléon envoie à Paris les œuvres d’artistes issus des territoires occupés. Des convois entiers de peintures de grands noms italiens et flamands, notamment, arrivent au Louvre, qui deviendra par la suite le « Musée Napoléon ». Le palais est alors aménagé, agrandi, modernisé. Aussi, outre les nombreuses salles consacrées à l’Empereur et ses campagnes, les pièces en elles-mêmes, les murs et la structure même du musée lui doivent beaucoup.

Numérotage des rues

Si de nos jours, elle nous semble logique, il n’en était rien avant les décisions de Napoléon 1er. En effet, c’est par un décret de 1805 qu’il rend obligatoire les numéros des rues. Ces derniers sont attribués en fonction de la disposition des percées par rapport à la Seine. Le système pair-impair adopté, il sera reproduit dans toute l’Europe. A Paris, le numérotage commence au bout de la rue la plus proche de la Seine, dans le sens du courant, les numéros impairs à gauche et les numéros pairs à droite.

Panthéon

Sous le Premier Empire, par le décret du 20 février 1806, le bâtiment prend le nom d’église Sainte-Geneviève : c’est à la fois le lieu d’inhumation des grands hommes de la patrie et un lieu de culte. La crypte reçoit donc le cercueil de grands serviteurs de l’Etat, tandis que dans la partie inférieure se déroulent des cérémonies religieuses liées aux commémorations impériales. Parmi les ouvriers qui ont participé à ce chantier, beaucoup venaient de la Creuse. Les maçons creusois, qui ont participé à plusieurs constructions dans la capitale, évoquent le Panthéon dans une chanson :

[…]
Voyez le Panthéon,
Voyez les Tuileries,
Le Louvre et l’Odéon,
Notre-Dame jolie,
De tous ces monuments,
La France est orgueilleuse,
Elle en doit l’agrément,
Aux maçons de la Creuse

Rue de Rivoli

Dans sa partie la plus ancienne, cette rue a été percée sous le Premier Empire, reconnaissable aux arcades qui la bordent et aux statues des maréchaux de l’Empire. Le « Rivoli » de la rue ne désigne pas la ville près de Turin, mais une plus petite bourgade de Rivoli Véronèse en Vénétie, où le Général Bonaparte a remporté l’une de ses plus importantes batailles, en 1797. Conduisant vers l’Arc de triomphe du Carrousel, érigé en 1806, à la manière de l’Arc romain de Septime Sévère, un hommage à la Grande Armée, qui illustre les campagnes de 1805 et la capitulation d’Ulm en 1807.

Parmi les sujets qui seront abordés lors des différentes conférences à partir du 1er octobre, citons notamment « Paris rêvé sous Napoléon : le cœur d’un empire colonial à l’échelle du monde », « Paris nouvelle Rome ? A propos de l’architecture monumentale parisienne du Premier Empire » ou encore « Napoléon Bonaparte et l’empire des sciences ». Retrouvez l’ensemble des communications ici, ainsi que le lien vers la chaine Youtube, permettant de suivre les débats en direct.